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  Ensemble, relevons le défi de l’évangélisation
"Je sais que les défis de notre société sont nombreux et difficiles. Je sais aussi les défis que l’Eglise doit relever avec détermination et courage."

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Intervention Mgr Nahmias

Mes amis, je suis heureux d’ouvrir aujourd’hui notre démarche synodale « Mission en actes ». Je le fais avec confiance. Je sais que les défis de notre société sont nombreux et difficiles. Je sais aussi les défis que l’Eglise doit relever avec détermination et courage.

Pourquoi cette confiance ? D’abord parce que c’est le Christ qui nous soutient et qui nous appelle, parce que le Christ nous a promis d’être à nos côtés, au milieu de nous. Nous sommes son corps. C’est lui qui met en nos cœurs cette conscience vive de l’urgence de la mission. Nous pouvons être confiants, nous appuyant sur son soutien et sur sa promesse du don de l’Esprit Saint. Cette confiance est aussi renforcée pour moi par cette foi vive que je découvre, semaine après semaine, dans les communautés de Seine-et-Marne. De toutes générations, je rencontre des hommes, des femmes, des jeunes, des enfants, attachés au Christ et désirant le faire connaître.

Je voudrais revenir sur ce qui m’a poussé à prendre la décision de la démarche synodale de « Mission en actes ». Dans les premiers jours, les premières semaines, les premiers mois de ma présence parmi vous, beaucoup m’ont demandé quand j’allais lancer un synode. Ce message provenait de prêtres, de diacres et de nombreux fidèles laïcs. Personnellement, je ne me voyais pas lancer un synode, du moins pas avant de nombreuses années ! Je suis donc le premier surpris d’ouvrir aujourd’hui « Mission en actes ». Spontanément, je suis un peu réservé sur ces entreprises qui prennent beaucoup d’énergie, de force, déclenchent beaucoup d’enthousiasme et qui souvent, finalement, se concentrent sur l’organisation factuelle de l’Eglise. Quand on me demandait si j’allais ouvrir un synode, je voyais bien qu’on attendait non seulement une réponse positive, mais surtout une date prochaine. Ma réponse, visiblement, décevait. J’ai alors essayé de comprendre ce qu’il y avait derrière cette demande :
- D’abord, le souvenir ému du dynamisme évangélique ressenti dans « Eglise en actes ».
- Un regret que ce dynamisme ait été comme mis sous le boisseau par la forte mobilisation nécessaire à la constitution des pôles missionnaires.
- Cette réforme profonde des pôles m’était présentée comme adaptée et juste, mais je comprenais qu’on voulait vivre une nouvelle étape : déployer plus encore la raison d’être des pôles missionnaires, l’évangélisation.

Derrière la démarche d’un synode, j’ai donc perçu une aspiration que j’ai trouvée légitime d’une nouvelle étape que nous devions vivre maintenant. J’ai consulté le conseil épiscopal, les équipes d’animation d’ « Eglise en actes » et d’accompagnement de la mise en place des pôles. Tous ces éléments m’ont incité à lancer cette démarche synodale. Comme vous le voyez, je ne propose pas une autre dynamique que celle vous vivez dans le diocèse depuis des années. Une nouvelle étape dans un dynamisme pour être toujours plus fidèles à l’Evangile et à notre responsabilité commune de faire connaître et aimer le Christ à ceux qui ne le connaissent pas.

Comme vous le comprenez, mon objectif n’est pas d’abord d’attendre, au terme de ces trois années, des décisions qui toucheraient l’organisation de l’Eglise. Bien sûr, il y en aura sûrement. Mon espérance pour « Mission en actes » est que chaque baptisé cherche à se convertir davantage au Christ. La finalité de cette démarche synodale est notre conversion à tous : évêque, prêtres, diacres, fidèles laïcs de toutes générations. Poursuivons notre conversion pour resplendir ensemble du Christ ressuscité. Que « Mission en actes » crée un espace de liberté évangélique, de docilité à l’Esprit Saint et d’inventivité pastorale et missionnaire.

Ensemble, allons à la rencontre de nos frères

Mes amis, allons à la rencontre de nos frères. Laissons-nous stimuler par ce désir commun de porter à nos frères l’Evangile du Christ.

Je crois que nous sommes dans un temps favorable pour ces rencontres avec nos frères. En effet, le pape François, en quelques mots, par une attitude personnelle forte et évangélique, par des gestes symboliques, a ouvert un nouveau climat dans l’Eglise et surtout on sent aussi qu’il a créé une bienveillance de beaucoup envers elle, en particulier de ceux qui ne partagent pas notre foi.

Nous sommes dans un temps favorable. Ne décevons pas l’attente ainsi suscitée. C’est la cohérence de nos vies qui authentifie le message de l’Eglise. C’est à chacun de nous, portés par nos frères, d’entrer dans cette cohérence personnelle, afin de répondre aux attentes de nos contemporains. Le pape François nous encourage donc à « sortir pour témoigner, s’approcher de son frère, partager, questionner, s’incarner ». Il nous envoie aux périphéries de nos sociétés la société, aux périphéries existentielles.

Le pape nous encourage à trouver de nouvelles routes pour toucher le cœur de nos frères. « Au lieu d’être seulement une Eglise qui accueille et qui reçoit en tenant les portes ouvertes, efforçons-nous, nous dit-il, d’être une Eglise qui trouve de nouvelles routes, qui est capable de sortir d’elle-même et d’aller vers celui qui ne la fréquente pas, qui s’en est allé ou qui est indifférent. Parfois, celui qui s’en est allé l’a fait pour des raisons qui, bien comprises et évaluées, peuvent conduire à revenir. Mais il faut de l’audace, du courage. » Allons donc à la rencontre de ceux qui ne connaissent pas le Christ, de ceux qui se sont éloignés de lui et de l’Eglise.

Cet appel à rencontrer nos frères est aussi un appel à vivre en vérité nos rencontres ordinaires et habituelles. Comme nous y a invités le pape Benoît XVI à l’issue du synode sur la nouvelle évangélisation, comme le Christ auprès de la Samaritaine : « L’Eglise aussi ressent le devoir de s’asseoir aux côtés des hommes et des femmes de notre temps ». Vivons ces rencontres avec vérité, avec humilité et humanité. Si elles sont authentiques, alors nous serons les premiers bénéficiaires, transformés dans notre humanité par ces rencontres, renouvelés dans la conscience du trésor de la foi que nous avons reçu.

Il ne s’agit pas bien sûr pas de venir avec nos certitudes, avec un discours rôdé. Il nous faut avant tout écouter nos frères. Comprendre et saisir leurs aspirations profondes. Il faut le vivre avec un cœur ouvert qui ne juge pas, qui rencontre les autres dans ce qu’ils ont d’unique. Le diagnostic du pape François nous invite à une grande délicatesse dans la relation : « Je vois avec clarté, nous dit-il, que la chose dont a le plus besoin l’Eglise aujourd’hui, c’est la capacité de soigner les blessures et de réchauffer le cœur des fidèles, la proximité, la convivialité. Je vois l’Eglise comme un hôpital de campagne après une bataille. Il est inutile de demander à un blessé grave s’il a du cholestérol ou si son taux de sucre est trop haut ! Nous devons soigner les blessures. »

Dans nos familles aussi, beaucoup d’entre nous vivent cette écharde dans leur chair de voir que la foi n’est pas partagée au sein même de la cellule familiale. Et certains parents se demandent comment faire quand la foi semble rejetée par l’un de ses membres. Nous aurons à nous aider en ce domaine, par la prière, par le partage d’expérience, en ayant conscience qu’il faut des années – parfois des décennies – pour que s’ouvre un chemin de liberté et de foi.

L’enjeu de toutes ces rencontres que Mission en actes va stimuler : la transformation de notre Eglise, de chacun de nous, mais aussi de nos manières de faire dans chacune de nos communautés. J’espère que « Mission en actes » nous donnera un regard renouvelé sur notre pastorale et en particulier sur la pastorale sacramentelle. Là aussi, nous ne cessons de vivre des rencontres qui sont riches. Mais en même temps, nous le voyons bien, nous avons à poursuivre notre tâche pour accompagner les personnes telles qu’elles sont.

Je sais les efforts de tous pour une pastorale toujours plus adaptée, mais combien les situations évoluent vite, très vite, trop vite ! Dans le domaine du mariage, du catéchuménat des adultes, de la transmission de la foi aux enfants et aux jeunes, de l’accompagnement des familles. Oui, nous vivons une évolution pastorale très rapide. Alors ensemble, nous avons à travailler pour accompagner, annoncer l’Evangile à ces hommes et ces femmes qui frappent à notre porte. Poursuivons notre effort pour les accueillir tels qu’ils sont, avec délicatesse et charité, afin de leur porter le Christ, lui, « le chemin, la vérité, la vie » (Jn 14, 6).

Ensemble, mettons-nous à l’écoute de la Parole de Dieu

Il y aurait encore beaucoup de choses à dire, mais je voudrais insister sur la place de la lecture de la Parole de Dieu, de la lectio divina dans notre démarche synodale.

« Elle est vivante, la Parole de Dieu, elle agit avec puissance et pénètre les pensées et les cœurs. » (He 4, 12). Pour moi, le point de levier de « Mission en actes », c’est notre méditation fidèle, ensemble, de la Parole de Dieu. Elle touche le cœur de chaque croyant qui est ouvert à l’action de l’Esprit Saint, mais cet Esprit peut nous enseigner, nous parler à travers ce qu’un frère, grâce à son histoire et sa disponibilité, a lui-même reçu, découvert. Nous sommes un corps nourri de la Parole de Dieu.

Vous serez invités à constituer des équipes de « Mission en actes ». Cela vous sera expliqué dans un moment (cf. fiche 5). Dans ces équipes, on lira ensemble dans l’Ecriture les rencontres du Christ. Il faudra laisser la Parole de Dieu retentir dans le cœur de chacun et se laisser enseigner par ce que l’autre a découvert. Et ceci dans le mouvement initié par cette écoute de la Parole, relire les rencontres que nous aurons vécues.

Comme je vous l’ai dit, le but de « Mission en actes » est notre conversion. Pour moi, le moteur de cette conversion, c’est à la fois la contemplation du Christ des Evangiles et le travail de mémoire à partir des rencontres vécues. Que ce dynamisme nous aide à devenir toujours plus d’authentiques disciples du Christ.

Bonne route à tous avec « Mission en actes » !

+ Jean-Yves Nahmias
Evêque de Meaux
19 octobre 2013

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